Elision n°1 : .... -x Anecdote x-
Serait-ce une qualité...
Mérite-il de tomber en désuétude ?
- Ho, parce que tu as vécu...
Elision n°2 : .... -x Anecdote x-
"On se montrait plus compatissant envers les malades quand on avait soi-même réussi à surmonter l'épreuve, car tout en sachant par expérience ce qui l'en était, on se sentait désormais à l'abri du danger. [...]"
Elision n°3 : .-x Courte Réflexion x-
~ 1155, lat. chrét. compassio, de com-pati "souffrir avec" (compatir)
Littér. Sentiment qui porte à plaindre et partager les maux d'autrui.
~ Apitoiement, commisération, miséricorde ; pitié. Avoir de la compassion pour qqn. Etre accessible à la compassion.
~ Humanité, sensibilité. Inspirer de la compassion. Être touché de compassion. Être digne de compassion. "Balzac emploie le mot 'compatissance'. Il me semble que 'compassion' suffisait" (André Gide).
~ CONTR. Cruauté, dureté, indifférence, insensibilité.
• Elaboration du concept de compassion •
~ (Comme l'amour, la haine, l'envie, la jalousie, l'indifférence, etc.) La compassion est un mode affectif de communication intersubjective. Forme de sympathie, et donc de la relation à autrui, elle est ce qu'éprouve un sujet en présence de la souffrance d'un autre sujet, d'une souffrance qui non seulement ne laisse pas indifférent mais qui le fait souffrir à son tour.
Echo affectif douloureux à l'épreuve du mal, elle peut être comprise - Nietzsche l'interprétera ainsi en parlant du "Mitleiden" - comme étant un vain redoublement de la souffrance. Perçu ainsi, elle paraît absurde en raison du fait qu'elle exprime son refus de la souffrance par l'adoption d'une attitude elle-même souffrante.
De fait, celui qui éprouve de la compassion pour quelqu'un "souffre avec" lui en quelque façon, façon qu'il conviendra toutefois d'interroger pour savoir si elle est réellement un double de la souffrance compatie ou bien si elle n'est pas davantage une réaction conduisant, sinon à la disparition, du moins à l'atténuation de celle-ci.
Il convient en effet de distinguer la compassion du simple apitoiement, de la commisération ou de la pitié, qui sont autant d'expressions passives - à destination de ceux qui souffrent - de la perception que l'on a de leur souffrance. "Pleurer avec ceux qui pleurent", acte de compassion, n'est pas pleurer en présence de ceux qui pleurent parce que l'on serait soi-même affecté par l'idée ou le spectacle de leur souffrance et que l'on voudrait qu'ils le voient et le sachent. Pleurer avec ceux qui pleurent, c'est porter avec eux leur douleur en vue de la soulager, dans une intention délibérément active, dans un élan durable de tendresse. La compassion est miséricordieuse. Elle est un acte de bonté, animée par la bienveillance. Ainsi, la compassion pour un mourant conduit à l'accompagner sur le chemin terminal de sa vie en lui tenant la main et en l'aidant à exister jusqu'au bout dans la dignité. Elle ne consiste pas à se lamenter sur son sort, dans un aveu affecté d'impuissance.
N.B. La compassion peut être donnée en paradigme de la sensibilité. Celui qui est capable d'éprouver de la compassion est celui qui est capable de "se laisse toucher", le toucher étant lui-même le paradigme de l'expérience sensorielle. Cf. Proposition du Christ à Thomas, qui ne parvient pas à croire en sa résurrection - à qui il propose de le toucher.
• La compassion, une attitude paradoxale •
~ Cf. Bergson (infra) La souffrance nous fait naturellement horreur.
Comment dès lors expliquer que, non seulement nous ne la fuyons pas ou ne nous carapaçonnions pas dans l'indifférence, mais que nous allions au devant de celle-ci, au point de la nous laisser atteindre par elle ?
• Refus de la compassion •
(Au nom d'une philosophie rationaliste ou vitaliste de la détermination du vouloir)
~ Nietzsche condamne sévèrement la compassion (Mitleid) parce qu'il y voit une contagion affective (Cf. infra, Par-delà le bien et le mal § 30) Dès lors la compassion n'est plus que la transmission en chaîne de la souffrance, une contagion du malheur, une déperdition de vitalité qui multiplie la souffrance au lieu de la guérir.
© Michel PÉRIGNON ( Extraits tirés )
Fin 2004.
Crayon HB, 2B et pinceau très fin, encre de Chine.
Inspiration de la position d'une tête féminine tirée du 18ème tôme de Samouraï Deeper Kyo, expression du visage personnalisée.
